Sortie de Folkadance - Mag5

Musique océanienne et destin commun

Chanteur, danseur, ancien leader de Wececa, premier chorégraphe de la troupe du Wetr, président de la SACENC, Tim Sameke fait partie intégrante du paysage musical et culturel calédonien. A l’occasion de la sortie de son dernier album Folkadance, Tim évoque l’esprit fédérateur qui anime sa musique tout en délivrant des messages forts sur la culture, la coutume et le destin commun.

Artiste né

Originaire de la tribu de Kumo dans le district de Wetr, il a grandi auprès de parents chanteurs et danseurs. Il a «ça dans le sang» dit-il, «j’ai toujours dansé, toujours chanté les chants polyphoniques». Doué, autodidacte, c’est «en regardant par le trou de la serrure » qu’il a repéré les notes jouées par ses aînés.

L’aventure Wececa

Initié par la Province Sud, le groupe Wececa créé en 96 avait pour vocation d’accueillir l’arrivée des paquebots et des avions par des danses et des chants traditionnels. Touristes, ministres, délégations mais aussi ouverture de foires, prestations, matin, midi, soir, une vie d’artiste trépidante que Tim a quittée en 2006. Après 10 ans de succès et de résonnance jusqu’en Métropole, entre autres, avec le tube Waipeipegu, il a pensé que le temps était venu de passer à autre chose.

Carapace contre l’adversité

Il a le sentiment d’avoir accompli son travail, d’avoir laissé une empreinte qui assure la pérennité de Wececa. «Au début, avec nos colliers, notre maquillage et nos ukulélés, on nous a pris pour des fous, même nos propres frères kanaks se moquaient de nous et les jeunes du groupe le vivaient mal». Pas toujours facile de les faire sourire, de leur dire de rester fier de leur culture et de redresser la tête face à l’adversité. «J’ai su passer au dessus de tous ces a priori, car je sais qui je suis, je sais que j’ai raison. On ne peut rien contre la vérité et la raison».

Album festif et coloré

Sorti début décembre, le nouvel album a déjà un vif succès. L’image que le public a de Tim est la bonne humeur, la joie et la danse. «Avant d’être chanteur, je suis d’abord danseur, alors la musique, il faut que ça bouge». Et ça bouge ! Tim chante en drehu, wallisien, anglais, français, en s’accompagnant à la guitare et au ukulélé et en tapant sur les bambous. Avec David Le Roy pour la programmation et les arrangements, Jules Canehmez leader du groupe Bethela à la guitare solo, Paulette, Alice et Manouchka pour les chœurs, l’album allie tradition et modernité dans des rythmes festifs et colorés.

Préserver l’identité culturelle

Intervenant extérieur en art traditionnel dans les écoles primaires du Mont Dore, Tim initie les enfants au pilou, aux rythmes du Pacifique et fait passer à l’aide de la pratique des percussions, du chant et de l’art pictural, des messages culturels. S’il leur explique la symbolique de la case et de la flèche faîtière, il veille à ne pas les enfermer dans la culture kanak mais à les ouvrir aux autres cultures du Pacifique. Il engage d’ailleurs les petits wallisiens et tahitiens à ne pas perdre la pratique de leur langue.«Tu ne peux pas aller vers l’autre, si tu ne te connais pas toi-même, si tu oublies tes racines, ton identité» leur dit-il.

Patrimoine pour le futur

«Aujourd’hui, nous nous sommes beaucoup perdus, ce n’est pas évident d’intégrer le modernisme, tout en gardant nos valeurs. Or ce sont les valeurs de la tradition qui comme des tuteurs, vont nous guider pour les années à venir en nous aidant à garder le droit chemin. Il faut écouter les vieux dont la parole est détentrice de l’esprit de la terre et de nos ancêtres. En nous enseignant clairvoyance et sagesse, ils sont les vrais représentants de la coutume. C’est ce patrimoine que j’ai envie de sauver».

We are the Calédonie

Tim révèle son prochain grand projet pour début 2014. Dans l’esprit du célèbre tube de Michael Jackson, l’album Collectif 000687 regroupera les artistes phare de chaque communauté du Territoire qui interprèteront en chœur, une chanson sur le thème du destin commun et du vivre ensemble. Chaque artiste chantera aussi dans sa propre langue pour sensibiliser sa communauté. Grand concert au Centre Jean Marie Tjibaou, kanaks, wallisiens, tahitiens, indonésiens, européens, réunis, « tous calédoniens » proclame Tim. Du kaneka, du rock, du reggae, de la country, des chorales, un vrai destin commun musical…

De la tribu à la région Pacifique

Pour Tim, le destin commun commence à la maison et au sein du district. «Comment vivre avec les autres communautés du Territoire si tu ne t’entends pas avec ceux de ta tribu ou de la tribu voisine». Puis, se référant au Festival des Arts du Pacifique, il lance un appel très fort. «Il ne faut pas attendre tous les 4 ans pour dire je suis fier d’être kanak, tout en étant océanien. Participer au Festival mais au retour, entretenir les tensions avec les autres communautés ethniques, ça n’a pas de sens. Nous ne sommes pas le centre du Pacifique, il y a nos frères vanuatans, micronésiens et polynésiens, l’esprit océanien c’est chaque jour, avec chacun»

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